Que voulons-nous vraiment dire lorsque nous parlons de la diversité?

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Les arguments en faveur de la diversité sont solides, déclare Omar Ha-Redeye; pourtant, ils encouragent rarement le changement.

La question de la diversité, ou de son absence, touche la plupart des domaines. Cependant, les études ont révélé que la profession juridique est un contrevenant particulièrement évident. Arin Reeves Ph. D. a déclaré dans une allocution prononcée lors de la Conférence juridique 2013 de l’ABC à Saskatoon, que c’est le cas peu importe le pays.

La diversité était le thème de la cinquième des Causeries sur l’Avenir organisées par le Projet de l’ABC Avenirs en droit le mardi soir sur Twitter. L’animateur, Omar Ha-Redeye, a invité les personnes qui y ont participé à discuter des raisons de l’absence de diversité au sein de la profession et à suggérer des moyens d’améliorer cette situation.

James Wegener, étudiant en droit à l’Université Thompson Rivers à Kamloops (Colombie-Britannique), déclare que pendant sa période d’entrevues sur le campus [traduction] « La diversité et l’inclusion faisaient partie des valeurs de base de tous les cabinets SANS EXCEPTION », mais il ne pouvait pas dire si c’était une simple tactique de recrutement.

[traduction] « Les cabinets déclarent que la diversité est importante. Que cela se traduise par l’embauche de candidats plus divers, je n’en sais vraiment rien », a-t-il dit.

James Wegener a déclaré qu’alors que [traduction] « les données historiques me font hésiter », il assume que la profession juridique aura une allure différente dans 20 ans.

« Motifs de cette raison de penser : les employeurs, malgré leur réticence, doivent suivre le courant mondial. »

Si l’on considère les grands cabinets, la diversité semble avoir fait l’objet de bien peu de progrès, déclare Monica Goyal, une entrepreneure juridique et fondatrice de My Legal Briefcase.

De nombreux cabinets disent rechercher quelqu’un qui pourra « trouver sa place » dans la culture, mais selon Mme Goyal, [traduction]  « “trouver sa place“ semble synonyme d’absence d’inclusion. »

Sherif Rizk, Égyptien et « avocat en devenir » à l’Université d’Ottawa, dit que la majorité doit afficher un engagement envers l’équité, si ce n’est pour d’autres raisons que le fait qu’elle renforce la confiance accordée au système judiciaire par les personnes qui se voient représentées par ceux qui y prennent part.

Ceci étant dit, la diversité [traduction] « est tout simplement oubliée lorsque surviennent les crises économiques », a ajouté Sherif Rizk.

Jonathan MacKenzie, qui travaille chez Aluvion Law à Toronto, a dit que la diversité est [traduction] «  malheureusement un sujet auquel je ne pense pas très souvent, l’accent n’est pas assez mis sur la nécessité d’être proactif dans ce domaine, il est tellement facile d’en faire fi ».

Il a dit qu’il avait fait ses études de droit au Royaume-Uni où les étudiants semblaient bien représentatifs de la population. Lorsqu’on lui a demandé si les facultés de droit canadiennes devraient mettre sur pied un plus grand nombre d’initiatives en matière de diversité, telles que celle-ci à l’Université City de New York qui vise les jeunes d’origine africaine et espagnole, il a répondu [traduction] « j’adore les initiatives comme celle-ci, mais encore faut-il qu’elles aient un contexte. Il faut s’attaquer aux racines du problème ».

Monica Goyal est d’accord. À Toronto, où une grande partie de la population provient de communautés sous-représentées, [traduction] « le manque de représentation n’est-il pas une indication de l’existence de problèmes structurels? », demande-t-elle.

[traduction] « Je pense que le manque de diversité au sein de la profession juridique reflète les inégalités de la société », a déclaré Jonathan MacKenzie. [traduction] « Un cercle vicieux négatif de perception et de situations socio-économiques. »

Steve Payette, étudiant en droit à McGill, a repris cette idée de perception lorsqu’il a répondu à une question sur l’allure des effectifs du point de vue des groupes sous-représentés depuis longtemps.

« Pas réjouissant, en tant qu’étudiant en droit de deuxième année (avec un) handicap », dit-il. [traduction]  « Les initiatives en matière de diversité tendent à oublier la question des handicaps » qui peuvent encore être un obstacle à l’embauche. 

[traduction] « Même avec les meilleures intentions, (l’acceptation d’un handicap) dépend des expériences passées de (l’employeur) qui détermine la teneur de l’expression “trouver sa place“ au sein du cabinet », déclare Steve Payette. [traduction] « Le chemin sera long et rude ».

31 octobre 2013 |
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