Facteurs de la diversité dans la profession juridique

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Chacun sait maintenant que la profession juridique au Canada ne reflète pas la diversité de notre population. Les études effectuées en Colombie-Britannique*, à Toronto, en Ontario et au Canada en général ont toutes révélé un manque de diversité. Quelle est la raison de ce déséquilibre, et comment y remédier?

Divers facteurs socio-économiques externes ont été avancés comme explications du manque de diversité au sein de la profession juridique. Ces facteurs ne tiennent pas suffisamment compte du rôle actif que doivent jouer les cabinets (ou les facultés de droit), lesquels se contentent de choisir parmi les candidats, provenant des groupes plus ou moins homogènes, qui viennent frapper à leurs portes. Toutefois, les nouvelles explications données pour le changement se penchent à la fois sur les raisons qui devraient inciter et attirer les cabinets à s’investir davantage dans la promotion de la diversité.

Premièrement, les clients demandent de plus en plus de juristes diversifiés. Certains clients préfèreraient des juristes représentatifs de leurs milieux. Le groupe Legal Leaders for Diversity, composé de juristes d’entreprise s’est donné comme mandat de [traduction] « [prendre en considération] la diversité dans nos pratiques d’embauche et d’achat ». A Call to Action Canada, un autre organisme de juristes d’entreprise, s’est doté d’un mandat similaire plus ambitieux qui engage ses membres à :

[traduction] « [insister] pour que leurs cabinets juridiques externes fassent preuve d’un véritable engagement, et de réels progrès, envers la pleine participation et l'avancement des avocates et des juristes appartenant à des minorités dans les cabinets juridiques, et envers la limitation ou l’interruption leurs relations avec les cabinets juridiques externes qui font preuve d’un manque d’intérêt et d’engagement à l’égard de la diversité et de l’inclusion ».

Deuxièmement, la promotion de la diversité pourrait s’avérer être une bonne pratique de gestion. En effet, le travail en équipes hétérogènes peut faciliter l’apport de différents points de vue et faire rejaillir les meilleures idées. Selon les propos d’Arin Reeves, Ph. D, tenus à la Conférence juridique 2013 de l’ABC à Saskatoon, la diversité significative « ne se limite pas à inclure au sein d’une équipe quelques personnes dont l’apparence diffère de la vôtre. Il s’agit de les inclure parce que vous pensez que leurs apports sont précieux; parce que vous savez que leurs contributions sont importantes ». Des études menées par Ted Rogers School of Management de l’Université Ryson ont révélé que [traduction] « les cabinets juridiques de l’Ontario se concentrent trop sur les facteurs externes pour expliquer leur manque de diversité et devraient, plutôt, faire une introspection et se demander pourquoi leurs rangs ne reflètent pas mieux la société ».

Des candidats talentueux qui n’ambitionnent pas de faire carrière dans de grands cabinets (pour des raisons de diversité ou autres) ont de plus en plus de solutions de rechange. Les cabinets juridiques classiques sont désormais en compétition avec des structures d’entreprise alternatives (notamment les cabinets juridiques virtuels) qui offrent un large éventail de façons d’organiser le travail, souvent adaptées aux besoins des juristes de la génération Y. En même temps, nous devrions veiller à ce que les structures « alternatives » ne deviennent pas « des structures de seconde zone » dans lesquelles les femmes et les groupes minoritaires sont contraints de travailler : l’ancien juge en chef Bora Laskin, avait accepté, au début de sa carrière, de travailler sous contrat, car aucun cabinet ne voulait l’engager comme étudiant stagiaire parce qu’il était juif.

Vous désirez partager vos idées sur la diversité au sein de la profession juridique au Canada? Prenez part le mardi 29 octobre à 19 h (HE) à la cinquième et dernière Causeries sur l’Avenir de l’ABC animée par Omar Ha-Redeye sur Twitter (#cbafutureschat).

*Tous les hyperliens, sauf celui pour la Conférence juridique, mènent vers des références disponibles uniquement en anglais.

25 octobre 2013 |
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