L’innovation et la profession juridique

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En matière d’innovation, le monde juridique est en retard sur presque toutes les autres industries. Voilà des années qu’on prévoit que les étudiants assureront le rattrapage en apportant une vague d’innovation, une nouvelle façon d’exercer le droit qui se traduise par des services juridiques abordables. Les espoirs ne semblent toutefois guère se concrétiser, ni du côté des étudiants, ni dans la profession. Ce manque d’innovation est considéré comme une des raisons du coût élevé de certains services juridiques. Il existe des exceptions à la règle, comme Cognition, au Canada, ou Riverview, au Royaume-Uni. Comment peut-on l’expliquer? Que pouvons-nous apprendre des innovateurs? Et qu’est-ce que la profession peut faire, collectivement, pour favoriser l’innovation? Voilà autant de questions qui ont été posées dans la discussion de cette semaine sur Twitter.

Le Projet de l’ABC Avenirs en Droit organise une discussion sur Twitter ce mardi à 19 h (HE), pour traiter du concept de l’« innovation » dans la profession juridique, des endroits où on la trouve ou non, des facteurs qui la stimulent et des obstacles qui s’y opposent.


Voici une petite liste de lectures recommandées en vue de la discussion de demain.

Time for a Canadian-Based Think Tank on Legal Innovation and Competitiveness

(Il serait temps de créer un groupe de réflexion canadien sur l’innovation et la compétitivité en matière juridique)

Mitch Kowalski plaide en faveur d’un groupe indépendant qui étudierait l’innovation et la compétitivité dans l’industrie juridique au Canada. Il signale la nécessité de données chiffrées sur le niveau de compétitivité des cabinets canadiens.

 « Pour le moment, il manque cruellement de données canadiennes, or je n’aime pas m’appuyer sur des extrapolations de données américaines pour me faire une idée de l’orientation que devraient prendre les cabinets canadiens. Du reste, ce manque de données canadiennes permet aux cabinets canadiens de rester sourds aux conseils. »

Law Firm Innovation, from Idea to Implementation

(L’innovation dans les cabinets juridiques – de l’idée à la concrétisation)

Jordan Furlong présente un résumé d’un exposé s’inspirant des conférences TED, qui peut être vu ici. Il y expose une analyse perspicace des conditions dans lesquelles les idées innovatrices peuvent être matérialisées dans un cabinet juridique. Ce faisant, il cerne certains des principaux obstacles que doivent surmonter les cabinets.

 « Il vous faut des faits pour diagnostiquer convenablement votre cabinet, choisir les bonnes activités et prendre les bonnes décisions pour son avenir. Mais plus encore, il vous les faut pour capter l’attention des associés. »

Canada Moving Slowly on Innovation of Legal Services

(Le Canada montre peu d’empressement à innover dans le domaine des services juridiques)

« Je ne suis pas encore convaincue que cette révolution se produira rapidement car les facultés de droit ne forment pas les avocats, de sorte qu’ils deviennent des entrepreneurs à l’avant-garde de l’innovation technologique. Mais deux programmes font exception... »]

Monica Goyal présente un aperçu de l’orientation que prennent des organisations britanniques face aux questions entourant l’innovation et l’éducation en matière juridique. Elle décrit deux programmes d’études en droit lancés en 2012 : 21st Century Law Practice et Law Without Walls.

The Innovative Advocate: Canada’s Legal Future

(L’avocat innovateur : L’avenir du droit au Canada)

Ivan Merrow exprime le point de vue d’un étudiant sur la nécessité de l’innovation dans le domaine du droit. Il expose aussi son plan visant à ce que les étudiants en droit adoptent la cause et commencent à façonner les modalités de l’exercice du droit.

 « Law Students for Technology and Innovation (LFTI) est une organisation étudiante que Nikolas Sopow et moi avons créée cette année à la Faculté de droit de l’Université Queen’s. Nous nous passionnons pour la recherche de meilleures manières de fournir des services juridiques. Nous sommes étudiants en droit, mais je ne redoute pas les changements à venir dans le milieu juridique canadien. En trois semaines, nous avons recruté quatre dirigeants de plus, et nous continuons de prendre de l’essor. D’ici 2015, nous prévoyons avoir des clubs LFTI dans chaque école de droit au Canada. »

Director of Innovation for Law Firms?

(Un directeur de l’innovation dans les cabinets juridiques?)

Mitch Kowalski voudrait que les cabinets juridiques créent des postes de directeur de l’innovation.

 « Le monde est dynamique et impitoyable. Si les cabinets juridiques ne se décident pas à innover, d’autres le feront. »

Who’s eating law firms’ lunch?

(Qui mange le pain des cabinets juridiques?)

Rachel Zahorsky et William D. Henderson traitent des fournisseurs de services juridiques qui se spécialisent dans un processus donné, exploitent la technologie et recourent à des non-avocats.

Voir aussi des exemples d’innovation réussie :

Murthy Law : Cabinet spécialisé en droit de l’immigration, fondé par une femme, qui offre gratuitement une abondante information juridique en ligne. Son site Web est le site juridique le plus visité au monde.

WeVorce : Service abordant le divorce de façon collaborative, avec un avocat-médiateur guidant les deux parties pour un prix forfaitaire.

Cognition : Une organisation canadienne qui a une structure allégée conçue pour répondre à la fois aux exigences externes (des clients) et aux exigences internes (des avocats) : « en laissant nos avocats maîtres de leur horaire, nous sauvons aussi des mariages, sans parler de la santé d’esprit ».

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